Pêché de jeunesse (?)

mai 8, 2012

Elles sont trois, Clover (la fashion victim), Alex (la sportive), et Sam (le cerveau), et elles ornent la dernière page de mes trois premiers albums de La Rose écarlate, dessinées par Patricia Lyfoung.

la fashion-victim

Clover

Oui, j’avoue, j’aime cette bd façon shôjo. J’y reviendrai, mais quel rapport me demanderez-vous, avec les héroïnes de Totally Spies ? C’est un peu délicat, mais bon, on fait tous de erreurs de temps en temps.

la sportive

Alex

A une autre époque de ma vie (révolue, je vous rassure), j’étais allé voir leur film, et un truc m’avait surpris : la ressemblance entre leur trait et celui de Patricia Lyfoung.

la première de classe

Sam

Elle me l’a confirmé au Paris-Manga de Septembre 2009, et comme elle m’avait déjà dédicacé la première page des trois premiers tomes, elle a accepté de les dessiner à la fin. Merci Pat, promis, je parlerai bientôt des plus importantes.

On the road again…

mai 7, 2012

Morris

C’est l’histoire de trois compères qui, par crainte des hordes communistes,  quittèrent la Belgique en 1948 pour se faire engager chez Disney. Curieux pitch, me direz-vous ? Et pourtant, dans les grandes lignes, c’est une histoire vraie, et elle concerne trois dessinateurs majeurs du 9ème Art. Lesquels ?

Ni plus ni moins que Jijé, créateur de Jerry Spring, Franquin, créateur de Gaston Lagaffe, et Morris, créateur de Lucky Luke. Yann et Schwartz, dans Gringos Locos, nous font revivre cette épopée, sans forcément prendre le parti du détail historique, mais bien de celui d’en rire, et croyez moi, qu’est-ce qu’on rigole !

Les tribulations de ces trois dessinateurs, accompagnés de la famille de Jijé, sur la route de Hollywood, puis vers le Mexique après leur échec chez Disney. Des moments cocasses dans le désert sur la  Route 66, et des virées bien arrosées au pulque et à l’aguardiente.

Et toute cette histoire, assez méconnue, faillit tomber dans l’oubli. Car les ayant-droits des trois dessinateurs ont failli faire interdire cette bd, soi-disant qu’elle ne reflétait pas l’image exact de leurs parents. C’est tout juste si tous les exemplaires n’ont pas été passés au pilon.

Mais bon, elle est là, et j’ai eu l’occasion que Schwartz me la dédicace. Je vous présente Morris fumant à l’arrière de l’Hudson, la voiture qui servit au voyage de New York jusqu’à Los Angeles, puis Tijuana. Merci Olivier, j’espère que le second tome évitera les ciseaux d’Anastasie.

l’artiste travaille sans filet

avril 29, 2012
Luc Leroi

Pascale

C’était aujourd’hui, et j’ai décidé de la poster immédiatement. Une dédicace de Jean-Claude Denis, obtenue à la convention du disque d’Auvers-sur-Oise. J’étais venu pour lui, et je suis reparti avec un coffret de CD et ce dessin.

Jean-Claude Denis est un dessinateur sans doute parmi les plus grands. Grand Prix au festival d’Angoulême, déjà, ça pose le bonhomme. Mais aujourd’hui, un détail l’a définitivement prouvé à mes yeux.

Ne cherchez pas les traits de crayons. Ce dessin a été fait directement au feutre. L’artiste travaille sans filet. Je ne lui ai même pas demandé quoi que ce soit. Et je crois qu’il n’aurait pas fait mieux que Pascale sur la plage.

Pascale, la compagne de Luc Leroi dans Le Nain jaune. La première longue aventure de celui-ci. J’ai eu un coup de bol de dégotter une édition originale un jour chez Gibert.

Et aujourd’hui, cet album est dédicacé. Et de quelle manière. Merci monsieur Jean-Claude. Vous êtes un grand. Si certains en doutaient, qu’ils regardent ce dessin. C’est la preuve.

Allez les Petits !

avril 28, 2012
On va gagner avec le lard et la manière

Bourrichon

Celle-là mérite quelques explications. Sachez-le, tout d’abord, je suis un grand, grand fan de rugby. Quoi de plus normal, dès lors, à ce que je suive la série de Poupard (dessin) et des Béka (scénario), Les rugbymen ? Rien du tout, et ce d’autant plus qu’elle est souvent hilarante.

Ensuite, il faut la replacer dans son contexte : la coupe du monde de rugby avait lieu cette année-là en France (2007, pour ceux qui ne suivent pas), et elle venait de très mal commencer, puisque la veille, en match d’ouverture, les Pumas argentins avaient croqué les Bleus !

J’ai donc choisi de signer la paix des braves en demandant à Poupard l’arrière de l’équipe de Paillar, le grand séducteur Bourrichon, de draguer une des supportrices argentines, décrites dans l’album comme étant ” les plus canons “.

Bon, ça n’a pas porté chance au XV de France puisqu’en dépit d’une victoire en quart face aux All Blacks, nous fûmes piteusement éliminés par le XV de la Rose, l’ennemi héréditaire, au match suivant, puis de perdre à nouveau pour la troisième place face aux… Pumas ! Encore !

Mais bon, ce n’est pas cette péripétie qui a remis en cause mon amour de ce sport, et donc de cette série, que je trouve hilarante. A vous qui aimez le rugby, ou qui souhaitez le découvrir, venez découvrir Bourrichon, la Teigne, Loupiotte et les autres au sein du Paillar Athletic Club. Une fois qu’ils vous auront accueilli en Ovalie, vous ne voudrez plus la quitter.

Leather and motor oil…

avril 26, 2012
A l'ombre du Roc d'Enfer

Marie-Adélaïde

Du cuir et de l’huile de moteur… J’avoue que le cocktail a de quoi surprendre, mais reconnaissez qu’avec Marie-Adélaïde, il est plutôt tentant… Qui est Marie-Adélaïde ? Une héroïne de Félix Meynet (vous aviez reconnu son trait) créée pour un éphémère magazine de motards.

Et autant le dire tout de suite, elle n’a pas froid aux yeux, Marie-Adélaïde. Et surtout, faut pas trop l’asticoter : les nanas, osez seulement poser un regard sur son Jules, les mecs, osez seulement poser un regard sur son Indian, et les conséquences seraient pour vous des plus funestes ! Cet avis tient lieu d’avertissement, si vous la croisez un de ces 4 du côté des fortifs.

Quoique… Il faudrait aussi que vous la croisiez dans l’un de ses rêves. Et oui, hélas, dans le monde réel, Marie-Adélaïde est une petite bourgeoise des beaux quartiers, qui en plus roule en… scooter ! La honte ! Little Nemo (voire Ego) au pays des bikers !

C’est le concept de trois petits strips, qui furent réédités dans un fascicule, Leather Dreams. Lequel accompagnait la première édition d’A l’ombre du Roc d’Enfer, une série d’entretiens entre Félix Meynet et l’écrivain Pascal Roman. C’est à Sens, en 2008 (comme vous pouvez le voir), qu’il m’a dédicacé cet album.

Voila, Marie-Adélaïde, j’espère te croiser un de ces 4, car tu dois être sexy en diable, chevauchant ton Indian. Et promis, c’est toi que je regarderai. Pas elle.

Profite de la guerre, camarade, la paix, ce sera bien pire !

avril 24, 2012

Oui, ils sont adversaires. Mortels. Et comment ne pourraient-ils pas l’être ? Lui, Wulf, un as de la Luftwaffe, elle, Lylia, une des meilleures pilotes de l’Union Soviétique. Forcément, leur rencontre dans le ciel plus qu’orageux du front de l’est était des plus improbable. Et pourtant…

Le grand Duc (I)

Wulf

Lui est un officier allemand ne cachant pas, voire brandissant tel un étendard son antinazisme, elle une pilote n’attendant que de partir à la chasse aux nazis tout en méprisant de plus en plus la propagande du camarade Staline et les commissaires politiques omniprésents.

Le grand Duc (II)

Kamerad Lylia

L’histoire de ces deux destins que tout semble opposer et qui pourtant se rencontreront nous est contée par Yann, sans doute un des meilleurs scénaristes actuels, et illustrée par Romain Hugault, dont j’ai pu constater le talent (et croyez-moi, le mot est faible) à dessiner les avions. Mais je reviendrai sur cet aspect dans un autre post.

Hugault m’a dessiné Wulf lors du festival de Saint-Malo en 2008, avec son hibou (un grand duc, mais qui n’est pas à l’origine du titre…). J’ai voulu sa Lylia telle qu’elle serait apparue sur une affiche de propagande soviétique. C’était à l’occasion du festival du Bourget, l’année suivante.

Comme vous pouvez le constater, j’osais déjà demander aux dessinateurs à relever quelques défis. Mais reconnaissez que Hugault a dignement relevé le gant, surtout pour Lylia : elle ne vous donne pas envie d’entonner à pleins poumons L’Internationale ?

Nuances…

avril 18, 2012
L'île des Lestrygons

le jeune Nelson

C’était il y a quelques années, les éditions Delcourt organisaient à Bercy Village un festival réunissant plusieurs de leurs dessinateurs. Parmi eux, Florent Calvez, l’auteur avec Eric Corbeyrand des Aventures extraordinaires de Nelson Lobster.

Cette série en trois tomes raconte trois des principaux exploits accomplis par Nelson Lobster durant sa vie : comment il vainquit les Lestrygons, comment il mit fin à la guerre d’Orqueline, et comment il se débarrassa d’un démon, en même temps qu’il règle ses démélés avec la mort, alias la Grande Blême.

Les enfants d'Orqueline

la princesse Lila

L'œil de ZayaNe me demandez pas comment il s’est sorti de cas aventures. Ce serait ôter tout le sel de cette série. Non, allez plutôt la lire, croyez moi, vous ne serez pas déçus. Passé et présent s’y mêlent dans un imaginaire foisonnant, tant dans le scénario que dans le dessin.

Et il y a ces dessins, qui m’ont épatés. Calvez n’a utilisé qu’une seule couleur d’encre – tabac – et a joué sur les nuances. Je dois avouer que j’étais bluffé du résultat. Je vous présente donc Nelson Lobster jeune, la princesse Lila que lui a promis le roi, et son ennemie jurée, la Grande Blême.

Cornélien !

avril 2, 2012

Il y a des dilemmes parfois très durs ! Moi qui suis fan de rugby, j’ai dû sacrifier le quart de finale de la coupe du monde entre la France et l’Angleterre. En plus, ce fut paraît-il le meilleur match des Bleus de toute la compétition. Rageant ?Non !

tome 3

l'héroïne

Franchement, lorsque je regarde les dédicaces de Nicolas Guénet, je n’ai aucun regret. Il m’a dédicacé les trois premiers épisodes de Yiu, série de science-fiction apocalyptique – dans tous les sens du terme. Car oui, ce que raconte cette BD, c’est bel et bien l’Apocalypse.

tome 2

Face à la bulle

L’Apocalypse vue à travers le regard de Yiu, une mercenaire tueuse au service de l’Eglise, qui accomplit pour cette dernière les missions les plus suicidaires, et donc les plus lucratives. Son but ? Offrir à son petit frère Ji-A l’opération qui lui permettra de survivre.

tome 1

Yiu

Je n’en dirai pas plus, mais autant vous le dire, on ne voit pas le fond de la tasse : c’est noir, très noir. Mais pour autant, c’est sublime. L’histoire est bourrée d’adrénaline, et les personnages sont tous formidables, à l’image de l’héroïne, tueuse de sang-froid mais prête à tout pour sauver son frère.

Merci Nicolas, pour cette série époustouflante. Et aussi pour ces bons moments passés à Buc, où tu m’as fait oublier les difficultés de transport, la pluie et le match de rugby…

Nicolas Guénet

Ne vous fiez pas aux apparences…

mars 27, 2012

Yatuu

Cette dédicace peut vous paraître mignonne, kawaii même (la traduction japonaise du mot s’impose dans le style manga), mais ne vous y trompez pas : cet album s’intitule Moi, 20 ans, diplômée, motivée… exploitée ! C’est un petit bijou d’humour, mais d’humour noir !

L’auteur y reprend en fait les posts de son blog, où elle raconte son expérience de… stagiaire ! Dans une boîte de comm ! On rit, certes, mais on rit jaune!

Car si certains d’entre nous l’ignoraient, le stage peut être une forme moderne de l’exploitation de l’homme par l’homme. Déjà, rien que le salaire : le tiers du SMIC ! Sans commentaire ! Et les Dimanches passés au travail, entre stagiaires…

C’est avec l’humour que Yatuu dénonce cet état de fait, et ça marche. Car en dépit de la situation révoltante, elle arrive à nous faire rire, en se moquant autant du milieu que d’elle même. Mais attention, la charge est féroce. Désormais, lorsque vous rencontrerez un ou une stagiaire, après avoir lu cet album, vous saurez quoi faire : indignez-vous !

La vraie...

le premier diptyque de Kara

mars 23, 2012

Gabrielle

C’est le premier album de Kara, Gabrielle, un one-shot annonçant déjà son inspiration, à la fois S-F et fantastique, imprégné de religion. Gabrielle fut la dédicace de notre première rencontre, au festival de Mantes-la-Jolie 2009.

J’avais beaucoup aimé ce dessin, très sobre mais très travaillé. Vous aurez peut-être remarqué les traits de bleu : ses crayonnés ont été fait au bleu inactinique, ce n’est qu’après que vient la mine.

Sa sœur Raphaëlle est venue la rejoindre  à l’occasion de Paris-Manga. Entre-temps, il y a eu les premiers diptyques, et le “changement” de style de Kara, à savoir des dédicaces beaucoup plus fouillées.

Raphaelle

Et l’histoire, me direz-vous ? Celle de Gabrielle, une ange dans un monde où Dieu est mort, devenue ange exterminatrice, à qui s’oppose sa sœur Raphaëlle. Je n’en dirai pas plus, tant sur l’issue du combat que des buts qu’elles suivent.

Juste, sachez que cet album est vraiment fondateur, parce qu’on y trouve les grands thèmes qui traverseront son œuvre : la religion, la mort, le péché, la rédemption ; œuvre de jeunesse mais déjà aboutie, elle est formidable.

Restée confidentielle (mais vous devriez trouver les albums d’occasion sans problème), cet album mérite vraiment d’être redécouvert. Bonne lecture à tous, et merci Kara !


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